Actualités de l’association
Pour une formation des psychologues adaptée aux enjeux du XXIᵉ siècle.
Propositions d’évolution de la formation et de la profession.
Préambule
Ce référentiel a vocation à évoluer au fil des échanges avec les psychologues, les universitaires, les autres professionnels de santé, les associations d’usagers et les pouvoirs publics. Cette première ébauche a pour ambition de s’enrichir progressivement grâce aux contributions de professionnels issus des différents champs de la psychologie ainsi que de l’ensemble des acteurs concernés par l’évolution de la formation et de la profession.
Élaboré par AidPsyCo, il rassemble des propositions visant à renforcer la qualité de la formation des psychologues, à répondre aux enjeux actuels de santé publique et à accompagner les évolutions de la profession.
Les propositions présentées dans ce document sont complémentaires mais indépendantes. Elles peuvent être mises en œuvre de manière progressive, reprises individuellement, adaptées ou discutées dans le cadre de futurs projets de réforme.
Objectif général : Les propositions visent à garantir l’acquisition d’un socle commun de connaissances et de compétences, permettant au psychologue d’adapter sa pratique à la diversité des publics, des contextes et des champs d’exercice, grâce à une formation commune garantissant la qualité des pratiques, l’éthique professionnelle et la lisibilité des compétences.
Synthèse des propositions
Objectif
Faire évoluer la formation des psychologues afin de répondre aux enjeux actuels de santé publique, de renforcer les compétences professionnelles et d’améliorer la lisibilité de la profession.
Les 10 propositions
- Harmoniser nationalement le cursus de formation.
- Repenser l’organisation des études (sélection plus précoce et parcours professionnalisant).
- Renforcer le contenu des enseignements (TND, psychothérapies fondées sur les preuves, droit, pharmacologie, recherche, etc.).
- Développer les stages et leur encadrement.
- Renforcer la professionnalisation et les compétences transversales.
- Mieux évaluer les compétences cliniques des étudiants.
- Instaurer un Développement Professionnel Continu (DPC) obligatoire.
- Renforcer la représentation et la régulation de la profession.
- Ouvrir une réflexion sur une habilitation universitaire en psychopharmacologie clinique répondant aux enjeux d’accès aux soins.
- Garantir une formation commune permettant aux psychologues d’exercer dans l’ensemble des champs de la psychologie.
1.1 Des éléments essentiels absents ou traités de manière périphérique
Plusieurs compétences aujourd’hui essentielles à l’exercice professionnel demeurent insuffisamment développées dans de nombreuses formations initiales (approches fondées sur les preuves, cadre légal, pratique libérale, risques psychosociaux, détection des violences intrafamiliales et conjugales, etc.).
Ces lacunes conduisent de nombreux psychologues à se tourner vers des formations complémentaires privées, souvent coûteuses et d’une qualité hétérogène. Cette situation interroge, y compris lorsque ces formations sont assurées par des enseignants-chercheurs de l’université.
La formation continue des psychologues n’est aujourd’hui ni obligatoire, ni suffisamment structurée, ni accessible de manière équitable à l’ensemble des professionnels.
Il apparaît également nécessaire de mieux encadrer la participation des enseignants-chercheurs de psychologie aux formations privées. Une réflexion pourrait être engagée sur les conditions dans lesquelles ces activités s’articulent avec les missions de service public de l’université. Cette réflexion est d’autant plus pertinente que la formation continue demeure historiquement le parent pauvre de l’université : elle est peu reconnue dans le cadre du CNU et insuffisamment valorisée dans les carrières académiques, alors même qu’elle génère des ressources importantes pour les établissements.
Cette évolution n’empêcherait naturellement pas les universitaires de poursuivre leurs interventions bénévoles auprès des associations ou des structures hospitalières, qui participent pleinement aux missions de service public.
1.2 la pratique clinique des enseignants-chercheurs
Actuellement la majorité des EC de psychologie ne voient et n’ont jamais vu de patients. Une part significative des enseignements professionnalisants devrait être assurée par des enseignants-chercheurs ayant une pratique clinique, institutionnelle ou de terrain active et régulière. La formation gagnerait à mieux articuler recherche, clinique et réalités professionnelles contemporaines. Un statut ou parcours valorisant les praticiens-enseignants-chercheurs (PEC) pourrait être développé afin de renforcer :
- L’ancrage clinique des enseignements
- La transmission des réalités de terrain
- L’actualisation des pratiques
- Le lien entre recherche appliquée et exercice professionnel
- La participation à des activités cliniques, institutionnelles ou de supervision pourrait être reconnue dans les carrières universitaires au même titre que certaines activités de recherche ou d’
Dans un objectif de cohérence avec les autres formations de santé, nous proposons que la sélection principale intervienne dès la première année de licence, selon un modèle comparable à celui des études médicales.
Cette organisation permettrait aux étudiants de connaître plus précocement leurs perspectives d’orientation, d’éviter que des titulaires d’une licence de psychologie se retrouvent sans possibilité d’accéder au Master de psychologie, et de construire plus sereinement un projet de réorientation lorsque cela est nécessaire.
En contrepartie, les étudiants ayant validé cette première année poursuivraient un parcours professionnalisant conduisant au titre de psychologue, sans sélection supplémentaire à l’entrée du Master, sous réserve de la validation des enseignements.
Cette organisation permettrait également aux universités d’adapter plus progressivement les effectifs aux capacités de formation pratique (stages, encadrement clinique, mémoire, supervision), garantissant ainsi une meilleure qualité de la formation.
3.1 Modules fondamentaux (communs à tous les parcours relevés en France)
- Psychologie clinique (modèles, psychopathologie, entretiens)
• Psychologie du développement (enfance, adolescence, adulte, vieillissement)
• Psychologie cognitive - Neuropsychologie
- Psychologie sociale et du travail (RPS, burn out suicide au travail)
- Psychométrie et tests (QI, big Five, personnalité), réalisation de bilans psychologique et professionnel
- Statistiques, méthodologie de la recherche
- Éthique et déontologie du psychologue, secret, diagnostique
Histoire et épistémologie de la psychologie
• Anglais scientifique
3.2 Il convient d’y ajouter
- Prise en charge d’une crise suicidaire, d’un état de choc psychologique
- Utilisation des bases de données (critiquer, trouver et hiérarchiser l’information)
- LCA (lecture critique d’article: distinguer fait et fiction, portée et limite d’une étude)
- Construction d’un article scientifique ACL
- Techniques psychothérapeutiques fondées sur les preuves (TCC, thérapies systémiques, psychodynamiques, troisième vague, psychoéducation, entretien motivationnel…) : indications, limites et niveaux de preuve.
- Pharmacologie et toxicologie : principes généraux des traitements psychotropes, compréhension des parcours de soins et coordination interprofessionnelle. Écrits des psychologues, CR et attestations. L’objectif de cet enseignement n’est pas de former des psychologues prescripteurs, mais de permettre à tous les psychologues de comprendre les principaux traitements psychotropes, leurs indications générales, leurs effets attendus et leur place dans les parcours de soins. Il vise à renforcer la qualité de la coordination avec les autres professionnels de santé et la compréhension des traitements suivis par les patients.
- Troubles du neurodéveloppement (TSA, TDAH, troubles dys, déficience intellectuelle, syndrome de Gilles de la Tourette) : évaluation clinique, évaluation psychométrique et neuropsychologique, diagnostics différentiels, recommandations HAS, adaptations, compensation et coordination interdisciplinaire.
- Droit du travail (contrat, ruptures conventionnelles, droit civil, pénal, prud’homal, harcèlement sexuel et moral)
- Principes généraux de droit : constitution, loi, décret, circulaire, contrat…
- Droit de la santé
- Systèmes de santé et structures sociales et médico-sociales (ARS, CPAM, DREETS, CD, PMI, Éducation nationale, etc.)
- Bases de droit du travail et de la fonction publique
- Gestion d’un cabinet libéral, fiscalité, comptabilité, RGPD, supervision
- Travail en réseau, coordination pluridisciplinaire, relation aux médecins, équipes, institutions
- Analyse de la demande et positionnement professionnel
- Diversité des approches thérapeutiques présentées avec niveau de preuve et indications Recommandations HAS, NICE et principes de l’Evidence-Based Practice (EBP)
- Hiérarchisation des niveaux de preuve, biais méthodologiques et lecture critique des essais cliniques
- Stratégies thérapeutiques et mises en œuvre en fonction des tableaux cliniques et comorbidités
- Simulation de situation cliniques avec débriefing
- Etude de cas et situations cliniques rencontrées
Organisation sur les 2 années du Master :
• Stage clinique (Hôpital, CMP, libéral, structures de soin)
• Stage institutionnel (Justice, Éducation, PJJ, Armée, Entreprises, Prison, etc.)
• Stage d’orientation, bilan ou accompagnement (tests, bilan de compétences, insertion, handicap, neuropsy) :
- CRA,
- CMPP,
- CAMSP,
- plateformes TND,
- MDPH,
- structures handicap
- cabinet libéral
- Stage libre (secteur au choix selon projet professionnel) :
Un même stage peut croiser plusieurs missions (ex : CHU avec activité en unité psy et en neuro). -Supervision et intervision
Objectif : assurer l’exposition à la diversité des champs d’intervention du psychologue.
- Dossier réflexif articulant expériences de stage, postures professionnelles, analyse de situations cliniques
• Mémoire fondé sur une problématique de terrain (pas nécessairement un travail expérimental)
- Capacité à hiérarchiser, chercher et actualiser les connaissances (EBP)
• Capacité à s’insérer dans différents collectifs de travail
• Maîtrise de l’analyse de la demande, du cadre et de la relation
• Maîtrise de l’évaluation psychologique (entretiens, tests)
• Capacité à se repérer dans les dispositifs et les politiques publiques
Ce que cela changerait concrètement
Les psychologues sont sans obligation légale de formation continue, sans pilotage national, et sans traçabilité des compétences actualisées. Cette situation fragilise la profession, hétérogénéise les pratiques par manque d’actualisation et complique l’intégration des psychologues dans les politiques publiques de santé.
Un DPCPSY obligatoire, inspiré du modèle médical, permettrait de structurer la profession autour d’exigences claires, lisibles et reconnues.
8.1. Un parcours triennal obligatoire
Chaque psychologue devrait, tous les trois ans, justifier d’un parcours complet, comprenant :
- Formation continue (présentiel, distanciel, e-learning)
- Analyse des pratiques professionnelles (supervision, co-vision, audit clinique)
- Réalisation de formation continue ou initiale
- Participation à des manifestations scientifiques
Ce cadre donnerait une colonne vertébrale commune à la profession, tout en respectant la diversité des champs d’exercice.
8.2. Un financement dédié (sur le modèle ANDPC)
Pour les psychologues libéraux comme salariés, le DPC pourrait être financé par :
- Un fonds national dédié, abondé par l’assurance maladie et les employeurs publics/privés
- Une prise en charge automatique des coûts pédagogiques, une indemnisation du temps de formation, pour les libéraux (comme pour les médecins). Cela mettrait fin à l’inégalité actuelle où les psychologues doivent financer seuls leur montée en compé
8.3. Une traçabilité simple et transparente
Chaque psychologue disposerait d’un espace personnel type monDPC.fr :
Suivi des formations validées, attestations automatiques, notifications en cas de manque dans le parcours triennal, transmission possible aux employeurs ou instances de santé publique. Cette traçabilité renforcerait la lisibilité de nos compétences pour les patients, les médecins, les institutions et les décideurs.
8.4. Un pilotage national par les psychologues, garant de leur indépendance professionnelle
Le dispositif serait encadré par :
- Un référentiel national commun de formation
- Des orientations prioritaires définies avec les représentants élus des psychologues, issue de syndicats, association et sociétés savantes reconnues
- Un contrôle confié à une instance professionnelle démocratique (élections professionnelles), permettant enfin une représentation légitime de la profession.
Ce pilotage mettrait fin à l’actuelle dispersion des offres et à l’absence de régulation.
8.5. Une amélioration concrète de la qualité des soins
Un DPC obligatoire pour les psychologues permettrait une:
- Mise à jour continue des compétences en psychothérapie (attachement, psychotrauma, etc.)
- Formation aux PEPS (programme d’entraînement parental spécifique)
- Mise à jour des connaissances en remédiation cognitive pour les neuropsychologues (approches/programmes validés scientifiquement et ciblés en fonction des diagnostics catégoriels et fonctionnels, TND ou cérébrolésions)
- Sécurité des pratiques
- Cohérence méthodologique entre champs d’exercice
- Confiance des patients
- Intégration dans les parcours de soins médico-psychologiques
8.6. Une profession crédible dans la réforme du système de santé
En alignant les psychologues sur les exigences déjà appliquées aux médecins, infirmiers, sages-femmes ou kinésithérapeutes, ce dispositif :
- Légitimerait pleinement les psychologues comme acteurs de santé publique
- Sécuriserait la place des psychologues dans les futures réformes (Mon soutienPsy, plateformes de coordination PCO, PASSCOG, Santé Psy Etudiant,prévention, réseau territorial, santé mentale en premier recours),
- Mettrait fin aux critiques récurrentes sur « l’hétérogénéité des pratiques par ignorance et lacunes de formations ».
Un DPC obligatoire pour les psychologues serait un levier de reconnaissance et de protection de la profession, et une garantie de qualité pour les citoyens. C’est une demande portée par AIDPSYCO depuis sa création : former, structurer, reconnaître et professionnaliser durablement notre métier.
Une chambre professionnelle des psychologues ne serait ni un syndicat, ni une association, ni une université, ni une société savante, ni un ordre. Elle aurait une fonction différente : organiser la profession, sa représentation démocratique et son articulation avec l’État et la société. Elle n’aurait pas vocation à supprimer les syndicats, ni les associations, ni les sociétés savantes, ni les universités, ni les différentes émanations et commissions de ces entités, ni à exercer des sanctions disciplinaires. Elle servirait à organiser la représentation collective, c’est-à-dire à articuler en réseau ce qui existe déjà en silo.
10.1 Argumentaire de santé publique
Cette proposition vise à améliorer l’accès aux soins en santé mentale face à plusieurs défis majeurs : délais d’attente extrêmement longs en psychiatrie et pédopsychiatrie, désertification médicale croissante et difficultés d’accès aux traitements pour de nombreux patients.
Les psychologues sont déjà largement en première ligne dans le repérage, l’évaluation et l’accompagnement des troubles psychiques. Certains psychologues cliniciens et neuropsychologues réalisent les évaluations diagnostiques, assurent la psychoéducation, coordonnent les prises en charge thérapeutiques et les aménagements, et suivent les patients de façon régulière pendant plusieurs années.
Par ailleurs, de nombreux psychiatres consacrent une part importante de leur activité au suivi de situations stabilisées et au renouvellement de traitements. Une partie de cette activité pourrait être prise en charge par des psychologues spécifiquement formés à la psychopharmacologie, permettant aux psychiatres et pédopsychiatres de se recentrer sur les situations complexes, les urgences, les troubles sévères et les hospitalisations.
Cette problématique est particulièrement marquée dans le domaine du TDAH. L’accès au méthylphénidate et à la lisdexamfétamine est aujourd’hui fortement limité par la démographie médicale, puisque les prescriptions initiales et les renouvellements annuels restent réservés à un nombre restreint de spécialistes. Les délais d’accès à ces traitements peuvent ainsi être particulièrement longs alors même que les psychologues spécialisés dans le TDAH assurent déjà une part importante de l’évaluation clinique, du suivi thérapeutique et de la coordination des soins.
Cette évolution ne modifierait pas l’identité professionnelle des psychologues, qui resteraient des psychologues. Elle leur permettrait d’acquérir une compétence supplémentaire strictement encadrée, dans une logique de complémentarité avec les médecins et d’amélioration de l’accès aux soins.
Une telle évolution permettrait de renforcer la continuité des parcours de soins, de faciliter l’accès au traitement médicamenteux et de favoriser l’observance thérapeutique dans l’intérêt des patients.
10.2 Disposition transitoire
Afin de ne pas créer de rupture entre les générations de psychologues, cette habilitation serait également ouverte aux psychologues déjà titulaires du titre de psychologue au moment de l’entrée en vigueur de la réforme.
Les psychologues en exercice pourraient accéder à l’habilitation en psychopharmacologie clinique dans les mêmes conditions que les futurs diplômés : activité clinique régulière, expérience professionnelle depuis au moins 3 ans, validation de la formation universitaire, des stages pratiques supervisés et de l’examen national.
Cette disposition transitoire permettra aux psychologues actuellement en exercice d’accéder à cette nouvelle compétence sans avoir à reprendre l’intégralité du cursus initial réformé, tout en garantissant un niveau d’exigence identique grâce à une formation universitaire nationale et une habilitation commune.
10.3 Habilitation en psychopharmacologie clinique
Cette habilitation ouvre la possibilité de prescrire certains psychotropes dans les conditions définies par la réglementation, pour les psychologues qui le souhaitent.
Intégrée à un cursus universitaire national, harmonisé et contrôlé
Cette formation universitaire permet d’acquérir les connaissances en psychopharmacologie clinique nécessaires à l’exercice de la prescription.
Conditions d’accès :
- Master de psychologie + titre de psychologue ;
- 3 ans d’exercice professionnel ;
- Activité clinique régulière en cabinet libéral, milieu hospitalier et/ou institutions.
- Le doctorat en psychologie peut être valorisé dans le cadre de la sélection des candidats
Formation :
- 2 jours par mois pendant 24 mois ;
- Enseignements assurés conjointement par psychiatres, professeurs de pharmacologie, médecins généralistes et psychologues déjà certifiés (après la première certification pour ces derniers) ;
- Environ 400 à 500 heures de formation comprenant notamment :
- pharmacologie générale ;
• psychopharmacologie des troubles psychiatriques ;
• physiologie et sémiologie médicale ;
• interprétation des bilans biologiques courants ;
• interactions médicamenteuses et iatrogénie ;
• repérage des urgences médicales ;
• pathologies somatiques pouvant mimer un trouble psychiatrique ;
• surveillance métabolique des psychotropes ;
• prescription raisonnée et suivi thérapeutique.
- Stages pratique supervisé en psychiatrie adulte et pédopsychiatrie, en libéral ou en milieu hospitalier ;
- Analyse de cas cliniques ;
- Examen national final.
10.4 Champ de prescription limité
Le champ de prescription serait défini par voie réglementaire et évoluerait progressivement en fonction de l’expérience acquise après l’habilitation.
Phase 1 : première année après la certification, avec supervision par un psychiatre (revue mensuelle des prescriptions)
- Antidépresseurs de première intention ;
- Benzodiazépiniques ;
- Mélatonine ;
- Traitements du TDAH déjà initiés par un médecin ;
- Renouvellements de traitements stabilisé
Phase 2 : deuxième année après la certification, avec supervision par un psychiatre (revue mensuelle des prescriptions)
- Initiation de traitements du TDAH ;
- Certains antipsychotiques à faible risque.
Seraient laissés hors champ :
- Lithium ;
- Clozapine ;
- Traitements injectables ;
- Situations de psychiatrie aiguë ;
- Hospitalisation sous contrainte.
Phase 3 : À partir de la troisième année après la certification
- Exercice autonome avec obligation de DPC spécifique.
Conclusion
La profession de psychologue est aujourd’hui confrontée à des enjeux majeurs : évolution des besoins de la population, augmentation des troubles psychiques et des troubles du neurodéveloppement, difficultés d’accès aux soins, développement des connaissances scientifiques et nécessité d’une meilleure lisibilité des compétences auprès des usagers comme des partenaires institutionnels.
Dans ce contexte, ce référentiel propose une réflexion globale sur l’évolution de la formation des psychologues afin de garantir un haut niveau de compétences, une harmonisation nationale des enseignements et une meilleure préparation aux réalités de l’exercice professionnel.
Les propositions formulées dans ce document s’inscrivent dans une démarche de santé publique. Elles visent à renforcer la qualité des pratiques, à favoriser le travail interprofessionnel, à accompagner les évolutions scientifiques et sociétales, tout en préservant l’identité et l’autonomie de la profession de psychologue.
Ce référentiel constitue une première étape de réflexion. Il a vocation à être enrichi par les échanges avec les psychologues, les universitaires, les étudiants, les autres professionnels de santé, les associations d’usagers et les pouvoirs publics.
AidPsyCo souhaite ainsi contribuer au débat sur l’avenir de la profession et mettre à disposition des décideurs publics, des universités et des organisations professionnelles une base de travail susceptible d’alimenter les réflexions relatives aux futures évolutions de la formation des psychologues en France.
Former les psychologues de demain, c’est investir durablement dans la santé mentale, la prévention et la qualité des soins au bénéfice de l’ensemble de la population.

