Actualités de l’association

Démocratie, clinique et engagement : ce que nous avons observé dans l’hémicycle.

Hier, depuis les tribunes de l’Assemblée nationale, en tant que représentants d’AIDPSYCO, nous avons assisté aux débats précédant l’adoption de la proposition de loi visant à prévenir et lutter contre les violences en milieu scolaire, issue des travaux menés conjointement par Violette Spillebout et Paul Vannier.

Cette proposition de loi trouve son origine dans les travaux de la commission d’enquête sur les violences en milieu scolaire et constitue un exemple rare de démarche transpartisane ayant réussi à dépasser les clivages habituels pour faire avancer un sujet d’intérêt général.

Au-delà du contenu crucial du texte lui-même, cette journée nous a rappelé quelque chose d’essentiel : la démocratie repose sur la capacité à organiser les désaccords. C’est précisément ce qui manque aujourd’hui à la profession de psychologue.

Tout au long des travaux de la commission puis des débats parlementaires, des élus issus de familles politiques très différentes ont travaillé ensemble autour d’un objectif commun : mieux protéger les enfants. Les divergences restent profondes. Pourtant, elles n’ont pas empêché la construction d’un travail partagé.

Cette expérience fait écho à certaines exigences fondamentales de la pratique clinique.

Dans notre travail de psychologues, nous apprenons quotidiennement à écouter des points de vue contradictoires, à contenir les affects, à ne pas réagir uniquement sous l’effet de nos convictions ou de nos émotions immédiates. Nous savons qu’il est souvent nécessaire de supporter la tension, l’incertitude et le désaccord pour permettre l’émergence d’une compréhension plus élaborée de la réalité.

Ce qui rejoint l’esprit fondateur de nos valeurs associatives, que nous réaffirmerons dans nos nouveaux statuts ce mois de Juin.

Les premiers parlementaires, dans des périodes historiques troublées, étaient eux aussi animés par des convictions fortes. Ils ignoraient pourtant quelles solutions fonctionneraient réellement. La démocratie s’est construite sur cette idée : accepter la confrontation des idées sans transformer l’adversaire en ennemi.

Cette capacité à prendre du recul nous paraît aujourd’hui plus nécessaire que jamais.

C’est aussi ce qui donne son sens à notre engagement associatif. Participer au débat public, dialoguer avec des élus de sensibilités différentes, porter des propositions, accepter la contradiction et rechercher des solutions communes font partie des responsabilités que nous estimons devoir assumer comme psychologues.

C’est la raison pour laquelle AIDPSYCO réaffirmera lors de son assemblée générale de juin son indépendance à l’égard de tout parti politique. Cette indépendance est la condition qui permet de dialoguer avec tous les acteurs démocratiques et de faire entendre la voix des psychologues là où se construisent les politiques publiques.

Nous sommes convaincus d’une chose : les psychologues ne peuvent pas rester de simples observateurs des débats qui concernent directement la santé mentale, la protection de l’enfance, les violences, le travail, l’éducation en général et l’organisation de leur propre profession en particulier.

Ils ont vocation à y prendre part pour contribuer, avec leur expérience du terrain et leur compréhension du fonctionnement humain, à la recherche du bien commun.

Nous remercions nos adhérents, sympathisants, soutiens mais aussi contradicteurs, qui nous aident à transformer des intuitions en actions, et des controverses constructives en propositions concrètes.

Nous appelons les psychologues à investir davantage le débat public et à nous rejoindre.

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