Actualités de l’association
Agir hors logique partisane comme condition d’efficacité politique : c’est le choix de notre association.
La santé mentale constitue aujourd’hui un enjeu sanitaire, social et économique majeur.
Selon la Cour des comptes, les troubles psychiques représentent près de 23 milliards d’euros de dépenses annuelles pour l’Assurance maladie, auxquels s’ajoutent des coûts indirects considérables liés aux arrêts de travail, à la désinsertion professionnelle et à la perte de productivité (Cour des comptes, 2021). À l’échelle internationale, l’Organisation mondiale de la santé estime qu’un euro investi dans le traitement de la dépression et de l’anxiété génère un retour sur investissement d’environ quatre euros, notamment via l’amélioration du fonctionnement social et professionnel (OMS, 2016).
Dans ce contexte, l’accès effectif à des psychothérapies constitue un levier central de santé publique. Pourtant, les dispositifs actuels — en particulier « Mon soutien psy » — demeurent partiellement opérants. Le rapport remis au Parlement en mars 2025 souligne des difficultés persistantes en matière d’accès, d’appropriation par les professionnels et de couverture des besoins réels. À cela s’ajoutent des enjeux de transparence, notamment concernant la commission de sélection, sur laquelle notre association a saisi la CADA en 2024, avec plusieurs recours actuellement en cours devant le tribunal administratif.
Face à ces constats, AIDPSYCO a fait le choix d’un positionnement indépendant. Cette indépendance ne relève pas d’une neutralité abstraite, mais constitue une nécessité et une stratégie d’efficacité. Elle permet d’engager un dialogue avec l’ensemble des acteurs institutionnels — ministères, Assurance maladie, agences sanitaires, parlementaires — sans dépendre d’une logique d’alignement politique.
Cette indépendance ne signifie pas un retrait de la vie collective. Les membres de l’association sont engagés dans la société civile, sur l’ensemble du territoire, et pleinement attentifs aux évolutions du pays. En psychothérapie, la question du jugement et de la neutralité fait l’objet d’un travail constant ; dans l’espace public, une neutralité absolue est illusoire. L’enjeu n’est donc pas de nier les convictions individuelles, mais de refuser que l’action collective se réduise à une logique partisane.
Ce positionnement s’appuie également sur une réalité sociologique : l’association rassemble des psychologues issus d’horizons politiques, syndicaux et associatifs divers. Ce pluralisme constitue une ressource. Il permet de dépasser les logiques de représentation fragmentée et de construire des propositions fondées sur l’expérience de terrain, en prise directe avec les besoins des patients.
Dans cette perspective, AIDPSYCO défend une approche transversale, tant sur le plan clinique que sur celui des politiques publiques. Il ne s’agit pas d’effacer les différences entre approches thérapeutiques, mais de construire des cadres permettant d’articuler exigences scientifiques, adaptation clinique et accessibilité des soins.
Ce travail a déjà produit des résultats concrets. En moins de deux ans, AIDPSYCO a été identifié comme interlocuteur par plusieurs ministères (Santé, Enseignement supérieur et Recherche), a engagé des échanges avec la CNAM et la HAS, et a été auditionné dans le cadre de travaux parlementaires, notamment lors des discussions relatives au projet de loi de financement de la sécurité sociale.
Ces éléments témoignent d’un point essentiel : l’efficacité dans le débat public ne repose pas sur l’appartenance partisane, mais sur la capacité à produire des analyses argumentées, à mobiliser des données fiables et à proposer des évolutions opérationnelles.
Dans un contexte marqué par une recomposition des formes de représentation et une défiance croissante envers les structures traditionnelles, cette approche apparaît comme une condition de crédibilité. Elle permet de replacer les enjeux de santé mentale dans une logique d’intérêt général, au-delà des clivages.
AIDPSYCO porte ainsi une exigence claire : celle d’une participation pleine et entière des psychologues libéraux à la prise en charge de la santé mentale, sans exclusions arbitraires, dans le cadre de dispositifs lisibles, soutenables et fondés sur les données disponibles.
Au regard des enjeux — humains, sanitaires et économiques — la question n’est pas de savoir s’il faut agir, mais comment le faire efficacement.
L’indépendance, loin d’être un retrait, constitue ici une condition d’engagement.
AIDPSYCO poursuivra dans cette voie : indépendante, pluraliste et résolument engagée au service d’une politique de santé mentale fondée sur les besoins réels de la population.
Priscilla Descheemaeker et Ralph Balez présidents AIDPSYCO.
Représentants AIDPSYCO des psychologues conventionnés de Paris, Lille, Brest, Bordeaux, Toulouse, Nimes, Marseille, Lyon, etc.

