Actualités de l’association

Paroles d’adhérents : Quand les psy se “mobilisent” : une séquence assez révélatrice.

Il faut reconnaître que la séquence des derniers jours est non seulement intéressante, mais peut-être surtout représentative.

D’abord, une émission de téléréalité est accusée de « mettre en vente l’intimité de la psychothérapie » — et tant qu’à faire, c’est devenu une nouvelle occasion d’aller agresser en ligne les auteurs, les participants et les psychologues impliqués, toujours au nom de la « déontologie ». Une méthode qui, en réalité, en dit bien plus sur ses auteurs que sur la déontologie qu’ils prétendent défendre.

Comme si la psychothérapie relevait d’un exercice sacré, plus intime — au nom de quoi, d’ailleurs ? — que ce qu’on voit depuis des années dans L’Amour est dans le PréMariés au premier regard, ou n’importe quel programme où la vie conjugale, les conflits familiaux et les émotions les plus brutes sont exposées sans la moindre pudeur.

On a donc vu des psychologues qui ne disent jamais rien de la violence quotidienne de la téléréalité — ni, plus largement, de la violence politique — mais qui soudain se mobilisent pour harceler… des psychologues ayant participé à un programme voué, de toute façon, à disparaître faute d’audience.
Mais non : « c’est la mobilisation qui a payé ».

Désolé, mais si l’audience avait été bonne, on aurait déjà une saison 2 — comme toutes les téléréalités et tous les produits qui se vendent.

On a même eu un mort suivi d’un suicide dans Koh-Lanta, et pourtant l’émission est revenue.

C’est l’audience qui décide, pas les courriers indignés.

Deuxième round : l’amendement sénatorial n°159.

L’amendement visait à interdire le remboursement de la psychanalyse dans le SCMP et Mon Psy.

Rejeté dans la journée, mis aux voix automatiquement, enterré avant même d’exister.

Et, une nouvelle fois, les psy se « mobilisent ».
30 000 signatures en 48 heures pour demander le rejet d’un texte… déjà rejeté.

Victoire politique à peu de frais, à laquelle toutes les organisations se sont empressées de se rallier pour rassurer des psychologues qui semblent adorer se faire peur.

Cerise sur le gâteau : ceux-là mêmes qui affirment depuis des années que certaines pratiques seraient “interdites” sous Mon Psy (même quand on leur montre noir sur blanc les textes de loi) défendent soudain… la possibilité d’exercer ces mêmes pratiques sous convention.
La cohérence attendra.

Et chacun, évidemment, tente de tirer son épingle du jeu.

À commencer par les tenants de l’extrême-centre du statu quo — probablement les plus nombreux à occuper l’espace — ceux qui ne veulent ni évolution, ni ordre, ni représentants élus, ni élections professionnelles, et même pas une simple discussion sur ces thèmes (à la rigueur une réunionnite de congrès, et encore).

S’agiter sur les réseaux, oui…
Mais pendant ce temps, la Commission des finances puis la Commission des affaires sociales ont adopté l’amendement portant sur l’article 81.

Et, faute de temps en séance publique, c’est la version initiale du texte qui est transmise au Sénat — celle qui supprime le financement de certains bilans réalisés par les psychologues.
Mais ça, visiblement, ne mobilise pas autant que le combat contre un amendement déjà mort-né.

Toujours la même logique :
on ne veut rien construire, rien changer, mais on peut s’opposer ensemble.
Est-ce satisfaisant ? On dirait que oui : on adore se faire peur et gagner contre un ennemi imaginaire, même par procuration. (Darth Vador n’est jamais loin.)
Qui sont ces psychologues qui ne se réveillent politiquement que pour s’opposer à tout, et pour voler au secours d’une “victoire” contre un problème qu’ils se fabriquent ?

Peut-on réformer une profession ainsi ?

Peut-on réformer, moderniser, coordonner une profession uniquement sur le mode du boycott et de l’opposition systématique ?

Peut-on espérer une évolution lorsque la seule action “fédératrice” consiste à dire non à tout ?
J’en doute.

Le bilan de ce mode d’action, le voici :

  • Les grilles salariales de la FPH pour les psychologues sont verrouillées depuis 1990,
  • Le taux d’encadrement des étudiants en psychologie est le plus bas d’Europe,
  • Les CMP et CMPP sont en état de déliquescence,
  • Et la dernière avancée majeure pour la profession remonte à quarante ans.

Le “résultat” parle de lui-même.

Message du 19/11/2025
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